JOURNEE D'ECHANGE SUR LES PROJETS ET ACTIONS DE L' ORGANISATION SHOMARI‏‏

JOURNEE D'ECHANGE SUR LES PROJETS ET ACTIONS DE L' ORGANISATION SHOMARI‏‏
L'ORGANISATION SHOMARI ORGANISE UNE RENCONTRE LE SAMEDI 31 OCTOBRE 2009 DE 14 H 30 A 18 H AFIN D' ÉCHANGER SUR L'AVENIR DE LA COMMUNAUTÉ AFRICAINE ET POUR PRÉSENTER SES PROJETS ET ACTION POUR L'ANNÉE 2010.

A L'ORDRE DU JOUR :
* LES 5 ANS DE SHOMARI
* PRÉSENTATION DE L'ORGANISATION SHOMARI
* ÉCHANGE SUR LE DEVENIR DE LA COMMUNAUTÉ NOIR ET DE L'AFRIQUE.
* LES PROJETS ET ACTIONS DE SHOMARI =
- COURS DE SOUTIEN SCOLAIRE POUR NOS PETITS FRÈRES ET S¼URS.
- FESTIVAL SHOMARI SUR LA MUSIQUE AFRICAINE.
- PLATE-FORME DE TRAVAIL POUR LES S¼URS DE LA COMMUNAUTÉ.
- ETC.
* REPAS OFFERT

LIEU DE L'ÉVÉNEMENT :

SALLE ANGELA DAVIS RUE DE LA PHILOSOPHIE A BONDY
PRENDRE LE RER E A LA GARE DU NORD EN DIRECTION DE CHELLES-GOURNAY ET DESCENDRE A LA GARE DE BONDY.
PRENDRE LE BUS 303 EN DIRECTION DE NOISY-LE-GRAND ET DESCENDRE A L'ARRÊT DE BUS LES MARNAUDES LA SALLE EST A COTE DU MAGASIN FRANPRIX.

FAITES PASSER LE MESSAGE A TOUS VOS PROCHES ET SUR LES SKYBLOG, SITE INTERNET, HI 5, FACEBOOK, MYSPACE ETC.

POUR PLUS D'INFO CONSULTER :

www.shomari.skyblog.com
www.myspace.com/shomarikemite.fr

A BIENTÔT.
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# Posté le vendredi 23 octobre 2009 22:16

Interview de Jean-Philippe OMOTUNDE, historien de l'Institut Africamaât, au sortir de la journée de la femme africaine

Interview de Jean-Philippe OMOTUNDE, historien de l’Institut Africamaât, au sortir de la journée de la femme africaine
Festival KHEPERANKH-STREET : Donc le Festival KHEPERANKH-STREET actuellement avec Jean-Philippe OMOTUNDE de l'Institut Africamaât, structure également partenaire du Festival KHEPERANKH-STREET.

Donc, Hotep, Jean-Philippe !

Jean-Philippe OMOTUNDE : Hotep !

F KAS : Quelles sont vos impressions sur cette journée de la femme africaine ?

JPO : Ah moi, je suis ravi ! Je suis vraiment très ravi déjà parce que le public s'est déplacé massivement pour venir nous voir, pour venir nous soutenir. Et c'est important de prendre le temps de voir un peu quelle est la place que nos ancêtres accordaient à la femme africaine autrefois. Et, on a vu que la femme africaine avait vraiment une liberté d'action dans la société grande, énorme parce qu'on avait des femmes qui étaient papes dans l'Antiquité. On avait des femmes qui étaient mathématiciennes, générales en chef de l'armée. On avait des femmes qui étaient reines, qui ont directement régné seules en tant que monarque avec leur époux ou encore monarque avec leur maris aussi. C'est vraiment, je dirai, quelque chose d'extraordinaire de voir que cette Afrique puissante, elle vit toujours en nous ! Nous l'avons toujours dans le c½ur, c'est qu'aujourd'hui et surtout pour demain, il faut la matérialiser et c'est en cela que c'est important que nous prenions le temps de célébrer la femme africaine. Et ça, je le dis d'autant plus que je suis aussi un homme de communication, je connais la nature du problème. Vous savez, avant, dans l'univers de la publicité, on ne s'intéressait pas aux femmes parce que les femmes n'avaient pas de statut social. Elles n'avaient pas de travail donc pas d'argent. L'argent qu'elles utilisaient, c'était l'argent de leurs maris. Et c'est le mari qui disait : « Va acheter ça ! Va acheter ça ». Donc, on cherchait plutôt à communiquer sur le mari de manière à faire en sorte que la femme aille acheter. Le jour où il y a eu toutes les campagnes de liberté de la femme et que les femmes ont commencé à être secrétaires, à être infirmières, donc elles ont commencé à avoir un pouvoir d'achat, il s'est avéré que les marques de beauté ont vu progresser leur chiffre d'affaires parce que les femmes venaient acheter un petit rouge à lèvres, venaient acheter une petite crème, un petit soin. Et c'est là qu'ils se sont dits que : « Mais puisqu'il y a une nouvelle liste de clientèle, nous allons communiquer un maximum pour attirer cette nouvelle clientèle. ». Et c'est ça qui a donné les L'OREAL parce que je le vaux bien et compagnie. Donc on est partis dans une surenchère de la valorisation de la femme occidentale qui a complètement écrasé la femme africaine alors que l'africaine est à l'origine de la mode, c'est-à-dire que, quand on prend l'histoire de la mode, même les histoires que l'on voit à la télévision, on voit donc bien que ça commence par l'Afrique avec les filles de Danaos qui vont introduire en Grèce donc tout ce qui concerne la mode. Et ce qui va se passer, c'est que cette femme noire va disparaître complètement. On ne la verra plus que dans la musique et le sport. Mais tout ce qui est l'univers de la beauté, elle va disparaître complètement parce que, même dans l'univers de la création, les défilés de mode, elle n'apparaîtra plus. Alors certains grands couturiers, les Paco Rabane, vont essayer de la remettre à l'ordre du jour et c'est les Noirs-Américains qui, en créant maintenant des produits de beauté, vont réintroduire cette femme noire dans l'univers de la beauté. Mais parce que c'est anglophone, on est francophone, il y a un problème de langue qui fait qu'on n'a pas pu suivre le mouvement jusqu'à présent dans la communauté noire. Mais on sent un dynamisme profond au niveau de la jeunesse qui cherche à faire ce qu'on peut appeler la tradition dans la modernité. C'est-à-dire on prend la tradition africaine et on la modernise. Je pense que c'est dans cette voie là qu'il faut aller. Et c'est pour cela que je dis aux gens qu'aujourd'hui, le fait de soutenir toutes ces femmes qui prennent des initiatives culturelles d'une façon générale, il ne peut pas y avoir d'économie sans culture parce que c'est la culture qui fonde l'économie, c'est pas pour rien que les Américains vendent du McDonalds parce qu'ils ne savent pas faire la cuisine. Ils ne savent que faire des petits sandwichs avec un bout de viande dedans ! Mais ça ne les a pas empêché de transformer ça en une suprématie mondiale en termes d'alimentation. McDonalds, aujourd'hui, existe partout ! Et pourtant ce sont des gens qui ne savent pas faire la cuisine ! C'est-à-dire que, même un handicap, peut devenir un point fort à partir du moment où on réfléchit à la valorisation de sa culture. Donc c'est en tout ça, vous voyez, c'est tout un programme mais c'est tout ça qui fait que cette journée aujourd'hui, elle est importante et elle est importante parce qu'elle nous réunit. Elle réunit KHEPERANKH-STREET, elle réunit des créatifs, elle réunit des gens qui dansent, elle réunit des historiens et tout le monde vient et repart avec quelque chose, vous voyez. Et c'est ça qui est fabuleux !

FKAS : ET quel est votre avis donc sur cette initiative prise par l'organisation panafricaine SHOMARI d'avoir créé donc cette journée de la femme africaine ?

JPO : Moi, je pense à SHOMARI, c'est une équipe formidable qui fait vraiment un travail formidable ! Et c'est pour ça que même j'étais en Egypte, et j'y ai vraiment porté mes T-shirts SHOMARI pour sponsoriser SHOMARI même en Egypte. Non, je pense que cette démarche, elle est importante parce que déjà premièrement, il est important que les jeunes prennent des initiatives dans le sens de l'organisation. Parce que, vous savez, quand on parle beaucoup et qu'on a jamais eu la responsabilité de l'organisation d'un évènement, on ne sait vraiment pas de quoi on parle ! Mais c'est au pied du mur qu'on voit la moisson. Et là, le fait d'être au pied du mur et d'avoir la responsabilité d'organiser une journée comme celle-là avec une municipalité qui dit : « Mais est-ce que je peux vous faire confiance, vous les jeunes Africains, dans ma ville? Est-ce que vous n'allez pas me détériorer mon lieu ? Me casser ma salle, briser ma vitre ? » Et c'est une façon de leur montrer : « Mais nous, nous sommes suffisamment responsables aujourd'hui au point de pouvoir organiser un évènement clairement, d'inviter donc le public qui est concerné et de faire en sorte que la manifestation se déroule dans de très bonnes conditions. ». Et c'est en cela que déjà, ne serait-ce que pour l'apprentissage de la façon de s'organiser et de travailler ensemble pour monter des évènements, c'est très important. La deuxième chose, c'est le public ! Le public est demandeur de telle journée, vous voyez ! Parce qu'il y a des journées pour tout. Mais des journées de valorisation du Monde noir, de célébration du génie africain, ce sont des journées qui nous manquent aujourd'hui, vous voyez. Moi, je ne demande qu'une seule chose, c'est qu'on puisse faire, véritablement faire rayonner ce genre de choses ! Que ce ne soit pas une journée, mais que ce soit carrément une semaine de manière à faire en sorte qu'on puisse avoir des relais un peu partout comme on fait quand il y a le téléthon, des choses comme ça, vous voyez. On peut utiliser les moyens, envoyer pour voir comment les choses se passent en duplex avec l'Afrique à tel endroit. Il faut voir grand comme ça et je pense qu'on gagnera tous beaucoup à faire dans ce sens là.

FKAS : Bien et un message pour la femme africaine à l'issue de cette journée ?

JPO : Ce que je dirai à la femme africaine aujourd'hui, c'est que nous sommes dans une situation où son intelligence, on en a besoin. Sa clairvoyance, on en a besoin ! Et il faut véritablement aujourd'hui qu'elle montre qu'elle est prête à assumer ce leadership et on sait qu'elle en a les moyens. Par contre, je suis très surpris par les hommes. Moi, ce ne sont pas tellement les femmes qui me surprennent ! Vous savez, quand on voit aujourd'hui dans l'univers de la création d'entreprises, sur 100 entreprises qui se créent, près de 65% ce sont des femmes qui sont derrière ces sociétés qui ont été montées. Mais, ce qui me surprend le plus, c'est la passivité des hommes, la passivité des hommes africains d'une façon en général. C'est-à-dire il se trouve qu'on ne soutient pas suffisamment les femmes lorsqu'elles créent des initiatives. On est comptables, on est juridiques, on est ci... Je n'arrive pas à comprendre pourquoi on n'arrive pas à créer des structures pour soutenir. Vous savez, une petite entreprise, c'est les trois premières années qui sont les plus difficiles. Une fois qu'elle a passé le cap des trois premières années, ça y est ! Elle est partie ! Pratiquement 90% des entreprises disparaissent dans le cadre de ces trois premières années. Donc il suffirait juste qu'une structure d'hommes se dise : « Voilà ! Nous allons aider les femmes à passer les trois premières années. ». Et c'est à partir de là que vous verrez, on aura le phénomène de création d'emploi, de formation, on pourra rayonner, vous voyez. Donc, moi, ce que je dirai véritablement, c'est véritablement les hommes compétents qui ont la formation, les diplômes qu'il faut mais qu'ils mettent leurs compétences au service des projets qui sont menés par les femmes de la communauté de manière à faire en sorte qu'elles puissent passer le cap des trois premières années et pérenniser leur activité.

FKAS : Et bien merci beaucoup du temps que vous nous avez accordé et justement cette mini-interview sera retranscrite sur notre myspace très prochainement dans le cadre justement d'un article qui sera fait sur cette journée panafricaine. Voilà !

JPO : Merci c'est gentil !

FKAS : Voilà Hotep !

NEFERMANTATA-SESHAT

SOURCE : KHEPERANKH STREET
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# Posté le vendredi 23 octobre 2009 22:08

Modifié le vendredi 06 novembre 2009 13:00

Interview avec Joby Valente du COFFAD au sortir de la journée de la femme africaine

Interview avec Joby Valente du COFFAD au sortir de la journée de la femme africaine
Festival KHEPERANKH-STREET : Quelles sont vos impressions sur cette journée de la femme africaine ?

Joby Valente : Ah non, mais je trouve ça extraordinaire parce qu'on n'en fait pas assez d'ailleurs. Et il y a eu plusieurs journées de la femme africaine mais il est important d'en faire de plus en plus parce que nos femmes ont besoin d'être mises au courant de ce qui se passe et de réaliser vraiment ce qu'elles sont. Parce que je ne sais pas si nous réalisons vraiment ce que nous sommes ! Donc c'est important ! Il faut une prise de conscience de notre importance et du rôle important que nous avons à jouer dans la vie.

F.KA.S : Ok très bien ! Et quel est votre avis sur cette initiative de l'organisation panafricaine SHOMARI ?

J.V : Moi, je trouve extraordinaire cette initiative. Et il était temps, il était temps de le faire et mon inquiétude est toujours, a toujours été, et je dirais même que c'est mon problème, de voir combien cette culture africaine, qui est partie d'Afrique, passe par les Etats-Unis et toujours, elle reste africaine. Et, lorsqu'elle arrive en France, elle est dénaturée, elle est délavée, elle n'est plus africaine, elle appartient à tout le monde et on nous vole tout, quoi ! Et en plus, cette complaisance de nos frères africains pour pouvoir soutenir ceux qui sont en train de leur voler leur culture. Voilà ça, c'est mon problème, ça a toujours été mon problème !

F.K.A.S : Et quel message avez-vous à faire passer à la femme africaine à l'issue de cette journée ?

J.V : Et ben, le message que j'ai à faire passer, c'est le message que j'ai lancé à l'intérieur : il faut se battre ! Il faut militer et c'est très important parce que là où la femme milite il y a des résultats. Je vois que, par exemple pour le LKP et pour la Martinique, s'il n'y avait pas des femmes qui s'étaient levées, la Guyane avant d'ailleurs ! S'il n'y avait pas des femmes qui s'étaient levées encore et qui étaient là tous les jours pour soutenir, pour pouvoir même faire la cuisine, marcher, aider. Elles sont tenaces, elles sont vraiment fortes. Lorsque la femme est forte, elle est forte. Elle est une forteresse. Donc le message, c'est que la femme reste debout, soit toujours debout à côté de l'homme, qu'elle ne reste pas derrière mais qu'elle ne cherche pas non plus à aller devant. C'est ridicule! La femme devant, non ! La femme, elle est faite pour être à côté de l'homme. Ils sont faits pour être côte-à-côte mais qu'elle ne se laisse pas supplanter, qu'elle ne cherche pas à supplanter et c'est alors que nous réussirons et que la civilisation, la vraie civilisation, arrivera.

FKAS : Et bien le Festival KHEPERANKH-STREET a été ravi de partager ce moment avec vous et nous restons de toute façon en contact. Merci et passez une bonne fin de soirée. Au revoir !

J.V : Au revoir, à bientôt !

NEFERMANTATA-SESHAT

SOURCE : KHEPERANKH STREET
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# Posté le vendredi 23 octobre 2009 22:06

Modifié le vendredi 06 novembre 2009 13:02

Interview d'Yves MUNGUAMA, président de l'organisation panafricaine SHOMARI

Interview d'Yves MUNGUAMA, président de l'organisation panafricaine SHOMARI
Place à la femme noire en ce dimanche 5 avril à Bondy !! L'organisation panafricaine SHOMARI, structure partenaire du Festival KHEPERANKH-STREET, rend hommage ce week-end à la femme africaine dans le cadre d'une journée qui lui est spécialement dédiée !! De Kemet (Egypte antique) à nos jours, SHOMARI nous invite à explorer le vaste univers de la femme africaine à travers son esthétique, son histoire et les rôles qu'elle a occupés dans les diverses sociétés africaines ainsi que son devenir, elle qui est appelée à reprendre les rênes du Monde Noir afin que celui-ci puisse renaître. Dans le cadre d'une interview réalisée par le Festival KHEPERANKH-STREET, l'organisation panafricaine SHOMARI nous fait part de ses motivations pour la mise de cette toute nouvelle initiative. Une initiative appréciée de tous car le public s'est massivement déplacé pour assister à ce moment mémorable. Mais par les personnalités présentes ce jour, notamment Joby Valente du COFFAD (COllectif des Filles et Fils d'Africains Déportés), Jean-Philippe OMOTUNDE, historien de l'Institut AFRICAMAÂT, structure également partenaire du Festival KHEPERANKH-STREET, et Naghmey, chanteuse-slameuse et activiste mais également artiste-intervenante à plusieurs reprises dans le cadre de l'école Hip-hop artistique et culturelle panafricaine KHEPERANKH-STREET. Le Festival KHEPERANKH-STREET, porté par Max-Laure BOURJOLLY, figure incontournable de la scène Hip-hop en France, et son équipe de femmes activistes pour la culture urbaine et la culture ancestrale en direction de la jeune génération, ne pouvait être que présent à cette journée au sein de laquelle il a littéralement enflammé le public par une prestation exceptionnelle. Il a aussi rencontré toutes ses personnalités-intervenantes afin qu'elles puissent nous faire part de leurs impressions sur cette journée qui sera amenée à devenir un rendez-vous annuel pour la femme africaine.

Yves MUNGUAMA : Hotep !

Festival KHEPERANKH-STREET : Donc, d'où vous est venue l'idée de créer une journée pour la femme africaine ? Quelles sont les motivations qui vous ont amenées à donner vie à cette journée pour la femme africaine ?

Yves MUNGUAMA : On a constaté que dans chaque réunion qu'on fait, chaque conférence dans tous les trucs qu'on fait, qu'on organise, il n'y a pas assez des s½urs dans ce combat. Donc on s'est dit : « Pourquoi pas mettre en place une journée pour les s½urs où on pourrait justement valoriser l'histoire de nos ancêtres, de nos mamans, de nos s½urs, pour donner, pour apporter des valeurs à nos s½urs et montrer des modèles comme des reines, comme la reine Ana Nzinga, la prophétesse Kimpa Vita et des s½urs comme la mulâtresse Solitude qui ont tant porté dans notre histoire pour donner des modèles à nos s½urs et faire en sorte que ces s½urs puissent, elles aussi, participer à ce combat ? ». Car ce combat est commun à nous tous, on a tous intérêt justement à agir par rapport au développement de l'Afrique, par rapport à la crise actuellement qui est en Afrique et les s½urs ont une grande part de responsabilité aussi, comme nous autres les frères, pour le développement de l'Afrique. Donc, c'est ça qui nous a motivé à mettre en place cette journée pour la femme.

F.K.A.S : Et quel est le message que l'organisation panafricaine SHOMARI souhaite faire véhiculer par cette action ? Donc que doit retenir une femme africaine au sortir de cette journée ?

Y.M. : Nos s½urs ont tant apporté dans notre histoire, nos ancêtres ont tant apporté dans notre histoire et nos s½urs sont capables aujourd'hui d'apporter énormément pour le développement de l'Afrique. Et, il y a aussi une conférence sur le décapage de la peau pendant cette journée. Et c'est important que les s½urs sachent, et même les frères qui seront là puisque le décapage de la peau concerne pas seulement les s½urs, mais qu'elles sachent que les produits qu'on met comme MGC ect... sont des produits qui sont dangereux pour notre santé car il y a des ingrédients comme la cortisone et l'hydroquinone qui causent l'hypertension, le diabète, les problèmes osseux, la stérilité ect... Et on n'a pas l'habitude d'avoir des journées où on peut mettre en place des conférences sur le décapage de la peau. Donc cette journée est importante pour nos s½urs parce qu'elles pourront savoir que certains produits sont dangereux pour notre santé et qu'il est important aujourd'hui d'interdire ces produits et de boycotter ces produits. Donc, c'est l'une des raisons pour laquelle on met en place cette journée. Et, il faut aussi qu'elles puissent avoir des repères, des connaissances par rapport à notre histoire parce que ce sont les futures mères de notre nation et ce sont nos s½urs, nos femmes, futures femmes qui vont éduquer nos enfants à la maison. Et, c'est pourquoi il est intéressant d'avoir des connaissances par rapport à notre histoire pour pouvoir enseigner ces connaissances à nos futurs enfants.

F.K.A.S : En regardant le programme que vous proposez pour la journée, vous y proposez trois temps forts, à savoir l'histoire de la femme africaine, le cheveu africain et le devenir de la femme africaine. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce choix ?

Y.M : Tu peux répéter la question ? Je n'ai pas compris !

FKAS : Je répète la question. Donc, quand on regarde le programme que vous proposez pour la journée, on y voit trois temps forts, à savoir l'histoire de la femme africaine, le cheveu africain et le devenir de la femme africaine, donc la femme africaine dans le futur. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur ce choix ?

Y.M : Ce choix, il y a vraiment l'histoire, c'est le passé ! L'histoire, c'est aussi un éternel recommencement. Donc, ce qui s'est passé avant, ce qui se passe aujourd'hui, c'est une continuité de notre passé. C'est pourquoi on a commencé par le passé pour donner des repères à nos s½urs et leur montrer des exemples comme la reine Ana Nzinga ect... qui s'est battue pendant le début de l'esclavage au royaume d'Angola contre les esclavagistes au royaume d'Angola. Ensuite, on parle en fait du décapage de la peau et des coiffures pour montrer que les coiffures qu'on a aujourd'hui, qu'on fait aujourd'hui, ce ne sont pas des coiffures qu'on a inventé, qui sortent de nulle part mais qui ont un lien avec l'histoire. Et, quand on voit par exemple les iconographies sous l'empire d'Egypte pharaonique, on retrouve certaines coiffures qu'on a aujourd'hui. Lorsqu'on voit les coiffures qu'il y avait, qui existaient à l'époque en Ethiopie ou dans tout le reste de l'Afrique, on retrouve encore ces coiffures au sein de la diaspora africaine en France, aux Antilles et c'est ce qui montre un peu l'unité culturelle de l'Afrique à travers les coiffures. Donc c'est pour montrer justement cette unité culturelle africaine, comme on sait aujourd'hui qu'il y a une véritable division entre les descendants d'Africains aux Antilles, ici en Europe ou en Amérique du Nord. Et nos coiffures, la musique montrent cette unité culturelle et c'est pourquoi on en parle. Ensuite, il y a ......

FKAS : le devenir de la femme africaine.

Y.M. : Oui, le devenir de la femme africaine ! Parce que la femme africaine, avec ce qu'on vit actuellement aujourd'hui, quand on voit par exemple les viols au Congo, la province congolaise du Kivu, dans la province soudanaise du Darfour ou ailleurs, à chaque fois qu'on attaque l'Afrique, c'est la femme qui est prise comme cible. Que ce soit pendant l'esclavage, la colonisation, ou par l'esclavage et la colonisation, on violait les femmes ou on passait par les femmes pour détruire l'Afrique et les hommes. Et, comme on sait que la femme, c'est elle qui donne la vie, c'est elle qui donne la création, donc on passe toujours par la femme pour la détruire. Et nous, notre but aujourd'hui, c'est de faire prendre conscience aux femmes le rôle qu'elles ont pour le devenir de l'Afrique et ça passe aussi par cette journée, par l'échange, par des projets qu'on peut mettre en place pour demain puisque le but, c'est pas seulement de parler entre nous, qu'il y ait seulement des théories mais qu'il y ait aussi le pratique. Et c'est pourquoi on va proposer des choses à nos s½urs, à nos frères pour qu'ensemble on puisse mettre en place des lignes directrices de notre comportement et travailler sur d'autres choses qu'on pourrait faire ensemble pour que, nous les hommes, on change notre comportement par rapport aux femmes et que les femmes changent leur comportement par rapport à nous, leurs frères. Et qu'elles puissent agir pour le développement de l'Afrique.

FKAS : Et donc la journée de la femme africaine, qui aura lieu donc dans deux jours maintenant, sera-t-elle suivie d'autres éditions les années suivantes ?

Y.M : Le but, c'est qu'on puisse mettre cette journée tous les jours en fait, à chaque année sur Paris et dans d'autres villes en Afrique, aux Antilles ect... On ne doit pas s'arrêter sur cette journée en disant que : « Bon, on met en place cette journée et on va bien se comporter pendant une journée, on va échanger pendant une journée, on va montrer qu'on apprécie les s½urs, que les s½urs apprécient les frères. ». Et que, par la suite, ce comportement, on ne l'aura pas au quotidien. Donc, le but de cette journée, c'est faire comprendre qu'il est impératif aujourd'hui qu'on puisse changer notre comportement au quotidien par rapport à nos s½urs et que les s½urs aussi aient un comportement au quotidien par rapport aux frères et qu'on puisse institutionnaliser cette journée puisqu'on sait que la journée sur la femme européenne, c'est le 8 mars si je ne me trompe pas. Et ce qui est bien, ce qui est intéressant, c'est qu'on puisse mettre en place cette journée au moins une fois par an sur Paris et ailleurs. Mais, que ce soit une journée où on compte vraiment à ce que les femmes ont apporté dans notre histoire et ce qu'elles peuvent apporter aujourd'hui pour le devenir de l'Afrique.

FKAS : Donc vous souhaitez faire institutionnaliser cette journée pour le 5 avril ? Chaque année pour toutes les années suivantes ?

Y.M : Là, pour l'instant le 5 avril, c'était une date qu'on a choisie par rapport à la salle, par rapport à d'autres choses. Mais, pour la prochaine fois, on va choisir la date par rapport à une date symbolique qui a un lien avec notre histoire, que ce soit par exemple la naissance d'une reine africaine, soit à une date qui a vraiment une signification et qu'on va mettre en place chaque fois par an. Donc, cette date pour l'instant, elle n'a pas de lien avec l'histoire. Mais, la prochaine date qu'on aura choisie pour l'année prochaine, elle aura une signification par rapport à notre histoire et par rapport à l'histoire de la femme africaine.

FKAS : Et est-ce -que vous avez déjà des idées sur cette date ?

Y.M : Pour l'instant, on ne va pas communiquer sur cette date. Mais, le moment venu, on va communiquer sur la date et il y aura une énorme communication sur cette date et on expliquera pourquoi en fait on aura choisi la date.

F.KAS : Ok, donc pour conclure, avez-vous un petit message à faire passer à la femme africaine ?

Y.M : De toute façon, le message, je pense qu'il a été clair depuis le début. Donc, c'est que les femmes africaines fassent des recherches par rapport à leur histoire, qu'elles prennent connaissance de ce que leurs ancêtres, nos ancêtres ont apporté pendant l'histoire et ce que les femmes continuent à faire aujourd'hui pour justement le devenir de l'Afrique car on parle souvent des hommes. Mais on dit à chaque fois que derrière chaque grand homme, se cache une grande femme. Si les LUMUMBA et SANKARA, les KWAME NKRUMAH et LES MARCUS GARVEY ont pu être aussi présents, apporté autant aux nôtres, c'est aussi parce que leurs femmes ont énormément apporté, c'est qu'elles ont apporté au quotidien pour que ces frères aussi mènent ce combat. Et il faut aujourd'hui que les femmes africaines prennent conscience que le combat qu'on met en place, qu'on est en train de faire aujourd'hui, c'est un combat qui est important pour toute une génération et pour aussi pour nos enfants et nos petits-enfants. Et, nos enfants et nos petits-enfants, on ne les fera pas avec d'autres femmes. On les fera avec nos femmes africaines et c'est pourquoi si nos femmes veulent qu'on puisse continuer à créer, qu'on puisse s'assurer notre descendance, il faut qu'elles prennent conscience que ce combat est un combat noble et qu'elles ont aussi une grande part à jouer. Même je dirais mieux, je ne veux pas mettre nos s½urs en avant, nos frères en avant, mais sans eux en tout cas, le combat n'avancerait pas. Elles ont une grande place dans ce combat et il y a des choses aussi qu'il faut qu'elles changent, par exemple on ne peut plus accepter que nos s½urs, nos frères se décapent la peau et nos s½urs, aujourd'hui, peuvent en tout cas, par leur beauté, mettre la pression à nos frères, refuser de sortir avec les frères qui se décapent la peau et je pense que ça va changer beaucoup de mentalité. Ça va beaucoup changer les choses par rapport à nos frères qui se décapent la peau ! Et il faut aussi aujourd'hui qu'on puisse établir ensemble un critère sur la femme africaine.

Qu'est-ce qu'on pense de la femme africaine ? Quel est le critère par exemple défini qu'une femme est belle? Est-ce qu'une femme est belle lorsqu'elle se décape la peau ? Est-ce-qu' une femme est belle lorsqu'elle met des faux cheveux ? Ou est-ce qu'une femme africaine est belle lorsqu'elle est naturelle ? Donc, c'est une question qu'il faut se poser et on se les posera justement à travers cette journée à partir des informations qu'on aura, à partir des échanges qu'on aura avec nos s½urs. Donc, il y a des tas de choses qu'il faut qu'on voit mais on ne peut pas, comment dire, se poser des questions en tant que frères. Il faut aussi que nos s½urs se posent des questions et qu'on puisse ensemble échanger pour trouver des solutions à ces questions. Merci, Hotep !

F.KAS : Hotep

NEFERMANTATA-SESHAT

SOURCE : KHEPERANKH STREET.
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# Posté le vendredi 23 octobre 2009 21:52

Modifié le vendredi 06 novembre 2009 13:03

Interview de Naghmey, chanteuse et slameuse, au sortir de la journée de la femme africaine

Interview de Naghmey, chanteuse et slameuse, au sortir de la journée de la femme africaine
Festival KAS : Le Festival KHEPERANKH-STREET interviewe Naghmey, donc chanteuse et slameuse, dans le cadre de la journée de la femme africaine organisée par l'organisation panafricaine SHOMARI. Donc, bonsoir Naghmey !

Naghmey : Bonsoir !

FKAS : Donc quelles sont vos impressions sur cette journée de la femme africaine ?

N : Alors, mes impressions : agréablement surprise déjà ! Je trouve que c'est une très bonne initiative qu'on devrait célébrer plus souvent sur la femme africaine parce que la femme africaine porte beaucoup sur ses épaules et qu'elle est très peu reconnue pour tout ce qu'elle fait, pour tout ce qu'elle porte. Et j'ai trouvé que c'était une belle façon de la remercier, une belle reconnaissance de tout ce qu'elle fait pour la famille, pour le peuple, pour perpétuer la vie tout simplement !

FKAS : Bien et quel est votre avis sur cette initiative de l'organisation panafricaine SHOMARI d'avoir créé cette journée de la femme africaine ?

N : Je trouve que c'est une très belle initiative et surtout pour les mêmes raisons que je viens de citer juste à la question précédente. Et surtout qu'il faut que ça perpétue dans le temps ! Qu'il faut reconnaître la femme pour ce qu'elle est dans sa globalité, pas uniquement pour ce qu'elle représente. Et c'est au quotidien que ça se fait au fait ! Et, c'est très bien de célébrer, de marquer en une journée pour honorer ces femmes qui ont fait des grandes choses pour nous, qui ont vraiment marqué l'histoire et qui continuent à se battre pour que les choses changent et évoluent. Mais, c'est au quotidien ! Des femmes, on a tous des femmes autour de nous, que ce soit nos mères, nos s½urs, nos cousines, nos collègues de travail et c'est dans les petits gestes qu'on fait des grandes choses.

FKAS : D'accord, un message pour la femme africaine à l'issue de cette journée ? Un message à lui faire passer ?

N : Qu'on a fait déjà un grand pas par rapport à nos droits quand je pense à la femme africaine ! Parce que voilà même si on est ici aujourd'hui, on est en France, on vient d'Afrique et on connaît tous les maux de l'Afrique : des femmes battues, des femmes excisées, il y en a encore, des femmes mariées de force, il y en a encore. Des choses qui nous paraissent limite... On a l'impression que c'est loin de nous en étant ici, mais en réalité, c'est beaucoup plus proche qu'on ne le croit ! Et voilà ce que j'ai envie de dire, c'est qu'on a déjà fait un grand pas et qu'il faut continuer à se battre, il ne faut surtout pas baisser les bras parce qu'il y a encore beaucoup à faire et c'est dans nos gestes quotidiens que le pas se fait quoi, que les choses se font.

FKAS : Et bien merci beaucoup Naghmey de tout ce temps que tu nous as consacré et à bientôt sur notre myspace !

N : Je vous en prie ! A bientôt, merci à KHEPERANKH-STREET !

NEFERMANTATA-SESHAT

SOURCE : KHEPERANKH STREET

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# Posté le jeudi 17 septembre 2009 10:19

Modifié le vendredi 06 novembre 2009 13:06